Margareta Magnusson et la Naissance du Döstädning :
Portrait d’une Pionnière
Derrière chaque mouvement culturel se cache souvent une personnalité singulière. Pour le döstädning, cette personne s’appelle Margareta Magnusson. Artiste, mère, grand-mère, et désormais auteure à succès, cette Suédoise octogénaire a offert au monde entier une pratique que sa culture connaissait depuis des générations.
En 2017, avec la publication de son livre « The Gentle Art of Swedish Death Cleaning », Margareta Magnusson a transformé une tradition familiale scandinave en phénomène international. Son approche, à la fois pragmatique et profondément humaine, a touché des millions de lecteurs confrontés au poids de leurs possessions et à l’angoisse de l’héritage qu’ils laisseront.
Mais qui est vraiment Margareta Magnusson ? Quelle vie l’a conduite à écrire sur le « nettoyage de la mort » ? Comment une pratique si intime est-elle devenue un best-seller mondial ? Et surtout, qu’est-ce que son parcours nous apprend sur l’art de vieillir avec grâce et lucidité ?
Dans cet article, je vous propose de découvrir l’histoire fascinante de cette femme qui a su transformer une nécessité quotidienne en sagesse universelle, et comment elle a révolutionné notre rapport au désencombrement et à la finitude.
Qui est Margareta Magnusson ?
Une Vie Nomade et Cosmopolite
Née en Suède, Margareta Magnusson n’a pas mené l’existence rangée et prévisible qu’on pourrait imaginer pour une septuagénaire sage. Au contraire, sa vie a été marquée par le mouvement, les rencontres internationales et une curiosité insatiable.
Mariée à un diplomate, Margareta a vécu dans de nombreux pays à travers le monde : Asie, Afrique, Europe, Amérique… Cette vie d’expatriation permanente l’a confrontée très tôt à la question du désencombrement. Impossible d’accumuler lorsqu’on déménage tous les trois ou quatre ans d’un continent à l’autre.
« Je n’ai jamais vraiment eu de grenier où entasser mes souvenirs », explique-t-elle dans ses interviews. Cette contrainte géographique s’est transformée en discipline de vie. À chaque déménagement, Margareta devait trier, donner, jeter. Elle a appris à ne garder que l’essentiel, ce qui avait vraiment du sens pour elle et sa famille.
Cette vie nomade lui a également offert une perspective unique sur les différentes cultures et leurs rapports aux objets. Dans certains pays, elle a observé des familles vivant avec très peu. Dans d’autres, elle a vu l’accumulation considérée comme un signe de réussite. Ces observations ont nourri sa réflexion sur ce qui est vraiment nécessaire au bonheur.
Une Artiste dans l’Âme
Avant d’être auteure, Margareta Magnusson est artiste. La peinture, le dessin, la création ont toujours été au cœur de son existence. Cette sensibilité artistique transparaît dans son approche du döstädning : il ne s’agit pas d’une méthode froide et systématique, mais d’un processus créatif et émotionnel.
Pour Margareta, chaque objet possède une esthétique, une histoire, une âme. Décider de le garder ou de s’en séparer relève autant du ressenti que de la logique. C’est cette dimension subjective qui rend son approche si humaine et accessible.
Dans son livre, elle évoque d’ailleurs ses propres créations artistiques : certaines œuvres ont une valeur pour elle, d’autres pour ses enfants, et beaucoup n’intéressent personne. Plutôt que de s’en offusquer, elle aborde cette réalité avec humour et pragmatisme. « Pourquoi obliger mes enfants à stocker des tableaux qu’ils n’aiment pas, juste par politesse envers leur mère ? »
Cette lucidité artistique l’a aidée à comprendre que l’attachement aux objets est personnel et que personne ne peut décider à votre place de ce qui mérite d’être conservé. C’est l’un des piliers du döstädning : respecter les choix de chacun, y compris celui de ne rien garder.
Mère, Grand-Mère et Gardienne de l’Histoire Familiale
Margareta Magnusson est mère de cinq enfants et grand-mère de nombreux petits-enfants. Cette grande famille a été sa principale motivation pour formaliser et transmettre le döstädning. Elle ne voulait pas que ses descendants se retrouvent submergés par des décennies d’accumulation.
« J’aime mes enfants », dit-elle simplement. « C’est pourquoi je ne veux pas qu’ils perdent des semaines à trier mes affaires quand je serai partie. »
Cette dimension familiale est essentielle pour comprendre le döstädning. Il ne s’agit pas d’un exercice égoïste de minimalisme, mais d’un acte d’amour envers ceux qui restent. En triant elle-même ses possessions, Margareta a pu partager les histoires derrière chaque objet, expliquer pourquoi certaines choses comptaient, et permettre à ses enfants de choisir consciemment ce qu’ils souhaitaient garder.
Elle raconte notamment l’histoire touchante d’un objet particulier : une petite cuillère en argent ayant appartenu à sa grand-mère. Pour Margareta, cette cuillère évoque des souvenirs d’enfance précieux. Mais elle s’est rendu compte que pour ses enfants, c’était juste une vieille cuillère. Plutôt que de s’accrocher sentimentalement à cet objet, elle l’a photographié, raconté son histoire, puis donné à une association. Le souvenir reste, l’objet est parti là où il pourra servir.
Cette approche illustre parfaitement la philosophie du döstädning : les souvenirs vivent dans notre cœur, pas dans nos placards.
La Genèse de « The Gentle Art of Swedish Death Cleaning »
Un Livre Né d’une Nécessité Personnelle
Lorsque Margareta Magnusson a commencé à écrire son livre, elle n’imaginait pas qu’il deviendrait un phénomène mondial. Elle avait simplement besoin d’organiser ses pensées et de partager avec ses proches une pratique qu’elle considérait comme du bon sens suédois.
« En Suède, on ne parle pas de döstädning comme d’une méthode révolutionnaire », explique-t-elle. « C’est juste ce qu’on fait quand on vieillit. On range, on trie, on simplifie. C’est une forme de politesse envers ceux qui nous survivront. »
Mais en discutant avec des amis de différentes nationalités, Margareta a réalisé que cette pratique n’était pas universelle. Dans de nombreuses cultures, parler de sa propre mort est tabou. Préparer activement son départ en triant ses affaires peut même être perçu comme morbide ou pessimiste.
C’est cette prise de conscience qui l’a motivée à écrire. Si le döstädning pouvait aider d’autres personnes à vivre plus légèrement et à épargner du chagrin à leurs proches, alors il méritait d’être partagé.
Le titre original du livre, « The Gentle Art of Swedish Death Cleaning », reflète parfaitement l’approche de Margareta : douce (gentle), culturellement ancrée (Swedish), et assumant pleinement son sujet (death cleaning). Pas d’euphémisme, pas de détour : on parle de mort, et c’est précisément ce qui rend cette approche si libératrice.
Le Succès Inattendu d’une Sagesse Millénaire
Publié en 2017, le livre de Margareta Magnusson a rapidement conquis le public anglo-saxon, puis mondial. Traduit dans plus de vingt langues, il a touché des lecteurs de tous âges, pas seulement les personnes âgées.
Ce succès inattendu s’explique par plusieurs facteurs :
Le timing culturel : en pleine mode du minimalisme et de la simplicité volontaire, le döstädning apportait une perspective nouvelle, moins centrée sur le bonheur immédiat et plus sur la transmission intergénérationnelle.
La sincérité de l’auteure : Margareta ne se présente pas comme une experte ou une gourou. Elle partage simplement son expérience avec humour, autodérision et pragmatisme. Cette authenticité a séduit des millions de lecteurs fatigués des discours trop lisses.
L’approche non culpabilisante : contrairement à certaines méthodes de rangement qui peuvent générer de l’anxiété, le döstädning invite à avancer à son rythme, sans pression. « Si vous n’avez trié qu’un tiroir cette année, c’est déjà formidable », dit Margareta.
La dimension universelle : bien que très suédoise dans sa forme, la question posée par le döstädning (« Que veux-je laisser derrière moi ? ») résonne chez chacun, quelle que soit sa culture ou son âge.
Le livre a également bénéficié d’un bouche-à-oreille enthousiaste. Les lecteurs le recommandaient à leurs parents, leurs amis, leurs collègues. Des groupes de lecture se sont formés. Des ateliers de döstädning ont vu le jour dans plusieurs pays.
Les Messages Clés du Livre
« The Gentle Art of Swedish Death Cleaning » ne propose pas une méthode étape par étape. C’est davantage un recueil de réflexions, d’anecdotes et de conseils pratiques tissés autour de quelques idées fondamentales :
Commencez le döstädning à un âge où vous êtes encore en forme : il est beaucoup plus facile de trier et désencombrer lorsqu’on a l’énergie physique et mentale de le faire. Attendre 90 ans rend la tâche pénible.
Ne gardez que ce qui a vraiment du sens : ni pour vous impressionner, ni pour impressionner les autres, mais parce que cet objet raconte une histoire importante de votre vie.
Pensez à vos proches : à chaque objet conservé, posez-vous la question : « Mes enfants voudront-ils s’en occuper après ma mort ? » Si la réponse est non, mieux vaut s’en séparer maintenant.
Triez par catégories : commencez par ce qui est facile (vêtements, livres, vaisselle) et gardez pour la fin ce qui est émotionnellement chargé (photos, lettres, souvenirs personnels).
Créez une « boîte à jeter après ma mort » : certains objets, lettres ou documents n’ont de sens que pour vous. Plutôt que d’obliger vos proches à les découvrir, regroupez-les dans une boîte clairement étiquetée qu’ils pourront jeter sans même l’ouvrir.
Racontez les histoires : si un objet a une histoire particulière et que vous souhaitez le transmettre, prenez le temps d’expliquer pourquoi il compte. Écrivez-le, enregistrez-le, partagez-le de votre vivant.
N’oubliez pas le numérique : vos comptes en ligne, vos photos numériques, vos mots de passe… tout cela fait aussi partie de votre héritage et doit être organisé.
Ces principes simples ont résonné profondément chez les lecteurs. Beaucoup témoignent avoir commencé leur döstädning immédiatement après avoir refermé le livre.
L’Impact Mondial du Döstädning
Une Traduction Culturelle Nécessaire
Si le döstädning est ancré dans la culture suédoise, son adaptation internationale a nécessité certaines ajustements culturels. Margareta Magnusson en est parfaitement consciente et aborde cette question avec finesse.
Dans les pays anglo-saxons, par exemple, le terme « death cleaning » a d’abord suscité des réactions mitigées. Certains ont trouvé le concept trop direct, voire morbide. D’autres, au contraire, ont apprécié cette franchise qui tranche avec l’euphémisation habituelle de la mort.
En France, la traduction littérale « nettoyage de la mort » ou « rangement de la mort » pouvait sembler trop brutale. Certains éditeurs ont préféré parler de « rangement avant le grand départ » ou utiliser directement le terme suédois « döstädning » pour conserver la saveur originale.
Cette question de traduction n’est pas anodine : elle reflète des rapports culturels très différents face à la mort. En Scandinavie, parler ouvertement de sa propre finitude fait partie d’une approche pragmatique de l’existence. Dans d’autres cultures, notamment latines ou asiatiques, cette franchise peut heurter les sensibilités.
Margareta Magnusson encourage chacun à adapter le döstädning à sa propre culture familiale. « L’important n’est pas le nom qu’on lui donne », dit-elle, « mais l’intention : faire de la place, alléger sa vie, et faciliter le travail de ceux qui restent. »
Du Livre au Mouvement
Au-delà du succès littéraire, le döstädning est devenu un véritable mouvement social. Dans plusieurs pays, des ateliers, des conférences et des groupes de soutien se sont créés autour de cette pratique.
Aux États-Unis, le döstädning a notamment trouvé un écho particulier chez les baby-boomers, cette génération nombreuse arrivant à l’âge de la retraite et confrontée à des maisons remplies de décennies d’accumulation. Pour beaucoup, le livre de Margareta Magnusson a été un déclic : plutôt que de repousser indéfiniment le tri, autant s’y mettre maintenant, pendant qu’on en a encore l’énergie.
Des professionnels du rangement ont également intégré le döstädning dans leurs services. Si des méthodes comme celle de Marie Kondo se concentrent sur la joie immédiate, le döstädning ajoute une dimension temporelle et intergénérationnelle qui manquait au discours du désencombrement.
Des initiatives communautaires ont vu le jour : des vide-greniers « döstädning », où les participants viennent se séparer d’objets tout en partageant leurs histoires, des groupes de discussion où les aînés échangent leurs expériences de désencombrement, des ateliers intergénérationnels où parents et enfants trient ensemble.
Ce mouvement a même inspiré des créateurs de contenu sur les réseaux sociaux. Des comptes Instagram, chaînes YouTube et blogs se sont spécialisés dans le döstädning, partageant témoignages, conseils pratiques et réflexions philosophiques.
L’Influence Sur Les Méthodes de Rangement Modernes
Le döstädning a également influencé d’autres approches du désencombrement. Même Marie Kondo, dont la méthode KonMari avait conquis le monde quelques années avant Margareta Magnusson, a reconnu l’importance de la dimension temporelle et de l’héritage.
Cette influence se manifeste de plusieurs façons :
La prise en compte de l’âge : de plus en plus de méthodes de rangement distinguent désormais les approches selon les phases de vie. Le rangement à 30 ans ne répond pas aux mêmes enjeux qu’à 70 ans.
L’importance du dialogue familial : le döstädning a mis en lumière la nécessité de communiquer avec ses proches sur ce qu’on possède et ce qu’on souhaite transmettre.
L’acceptation de la lenteur : contrairement aux méthodes qui promettent un désencombrement radical en quelques semaines, le döstädning valorise un processus progressif, étalé sur des années si nécessaire.
La dimension émotionnelle : le döstädning a légitimé les émotions liées au désencombrement. Il est normal de pleurer en triant des souvenirs, de douter, de prendre du temps. Cette approche bienveillante contraste avec certaines méthodes plus « militaires ».
Si vous vous interrogez sur les différences entre ces approches, je vous invite à consulter notre comparaison détaillée entre le döstädning et la méthode KonMari, qui explore leurs complémentarités et leurs spécificités.
Les Enseignements de Margareta Magnusson
Vieillir Avec Grâce et Lucidité
L’un des enseignements les plus précieux de Margareta Magnusson concerne l’art de vieillir. Dans une société qui célèbre la jeunesse et tente de nier le vieillissement, Margareta propose une alternative rafraîchissante : accepter sereinement son âge et se préparer activement à ses dernières années.
Cette acceptation n’a rien de résigné ou de pessimiste. Au contraire, elle est profondément vitale. En reconnaissant que son temps est compté, Margareta choisit de vivre pleinement le présent, débarrassé du superflu.
« Je n’ai plus le temps de m’encombrer de choses qui ne m’apportent rien », explique-t-elle. « Chaque jour compte, alors autant le vivre dans un environnement que j’aime, entourée uniquement de ce qui a du sens. »
Cette philosophie résonne particulièrement auprès des personnes en transition de vie : retraite, déménagement, veuvage, maladie… Ces moments charnières sont des opportunités naturelles pour pratiquer le döstädning.
Margareta encourage également à parler ouvertement de la mort avec ses proches. « Mes enfants savent exactement ce que je souhaite pour mes funérailles, où se trouvent mes documents importants, ce qui doit être fait de mes affaires. Cette clarté nous libère tous. Nous pouvons profiter du temps qu’il nous reste sans cette charge mentale. »
L’Humour Comme Antidote à la Mélancolie
Une caractéristique frappante du livre de Margareta Magnusson est son humour. Malgré la gravité apparente du sujet, elle parvient à le traiter avec légèreté et autodérision.
Elle raconte par exemple l’histoire d’un ami qui, après avoir lu son livre, a décidé de trier ses collections de timbres. Après des semaines de travail minutieux, il a réalisé que personne dans sa famille ne s’intéressait aux timbres. « Il aurait pu simplement me demander avant de passer tout ce temps ! », plaisante Margareta.
Cette capacité à rire de soi-même et de la situation est essentielle. Le döstädning ne doit pas devenir une corvée angoissante, mais un processus libérateur, presque joyeux.
Margareta conseille d’ailleurs d’inviter des amis à participer. « Organisez un après-midi döstädning avec du café et des gâteaux. Vous rirez en retrouvant de vieux objets ridicules, vous vous souviendrez d’anecdotes oubliées, et le tri se fera presque sans effort. »
Cette dimension sociale du désencombrement est souvent négligée, mais elle peut transformer une tâche solitaire en moment de partage et de complicité.
Le Döstädning Comme Acte Créatif
En tant qu’artiste, Margareta Magnusson voit dans le döstädning une forme de création. Non pas la création d’objets, mais la création d’espace, de clarté, de sens.
« Chaque fois que je me sépare de quelque chose, je fais de la place pour autre chose », explique-t-elle. « Pas nécessairement un nouvel objet, mais peut-être une nouvelle activité, une nouvelle relation, un nouveau projet. »
Cette perspective transforme radicalement l’expérience du désencombrement. Il ne s’agit plus de perdre, mais de choisir activement ce qu’on veut dans sa vie.
Margareta encourage d’ailleurs à documenter le processus : photographier certains objets avant de s’en séparer, écrire les histoires qu’ils évoquent, créer un album ou un journal du döstädning. Cette démarche créative permet de conserver les souvenirs tout en libérant l’espace physique.
L’Héritage de Margareta Magnusson
Une Porte-Parole de la Sagesse Nordique
Avec son livre, Margareta Magnusson est devenue sans le chercher une ambassadrice de la culture scandinave. Elle a révélé au monde des concepts que les Suédois pratiquent intuitivement : le lagom (ni trop, ni trop peu), le hygge (la convivialité simple), et bien sûr le döstädning.
Cette sagesse nordique, fondée sur l’équilibre, la modération et le respect de la nature, séduit de plus en plus de personnes à travers le monde. Dans un contexte de surconsommation, d’accumulation compulsive et d’épuisement des ressources, ces valeurs offrent une alternative apaisante.
Margareta incarne parfaitement cette philosophie : elle vit simplement, parle franchement, assume ses choix, et trouve de la joie dans les petites choses. Son exemple inspire bien au-delà de la question du rangement.
Un Dialogue Intergénérationnel
L’un des aspects les plus intéressants du phénomène döstädning est qu’il a créé un pont entre les générations. Le livre de Margareta est lu aussi bien par des sexagénaires que par des trentenaires.
Les jeunes générations, notamment les millennials et la génération Z, se reconnaissent dans cette volonté de simplicité et de sens. Beaucoup ont grandi dans l’abondance matérielle et cherchent maintenant à s’en libérer. Le döstädning leur offre une légitimité culturelle pour dire non à l’accumulation.
Inversement, les personnes âgées trouvent dans le döstädning une permission de lâcher prise. Elles n’ont pas besoin de garder des objets « au cas où » ou « parce qu’on ne jette pas ». Elles peuvent choisir consciemment ce qui mérite d’être conservé.
Ce dialogue intergénérationnel se manifeste concrètement lorsque parents et enfants pratiquent le döstädning ensemble. C’est l’occasion de conversations profondes, de transmission d’histoires, de découvertes mutuelles. Un objet retrouvé au fond d’un placard peut déclencher le récit d’une époque que les enfants n’ont pas connue.
La Continuation de l’Œuvre
Depuis la publication de son premier livre, Margareta Magnusson n’a pas cessé son travail de sensibilisation. Elle a donné de nombreuses conférences, participé à des émissions de télévision, et continue de partager sa philosophie.
En 2023, elle a publié un second livre, « The Swedish Art of Aging Exuberantly », qui prolonge sa réflexion sur le vieillissement joyeux et actif. Elle y développe l’idée que ranger sa maison n’est qu’un aspect d’une vie bien vécue à tout âge.
Margareta inspire également d’autres auteurs et penseurs à explorer ces thématiques. Le döstädning a ouvert la voie à une littérature plus large sur le vieillissement conscient, la préparation à la mort, et la transmission intergénérationnelle.
Conclusion : Plus qu’une Méthode, une Philosophie de Vie
Margareta Magnusson n’a pas inventé le döstädning. Cette pratique existe depuis des générations en Suède. Mais elle a eu le génie de la formaliser, de la partager, et surtout de la rendre accessible et désirable au monde entier.
Son approche se distingue par sa douceur, son pragmatisme et son humanité. Pas de règles strictes, pas de culpabilisation, pas de promesses miraculeuses. Juste une invitation à réfléchir à ce qu’on veut garder, transmettre, et laisser derrière soi.
Dans un monde obsédé par l’accumulation et la performance, Margareta propose une pause. Elle nous rappelle que nous sommes mortels, que notre temps est précieux, et que l’amour que nous portons à nos proches peut s’exprimer dans la simplicité d’un placard bien rangé.
Si vous souhaitez approfondir votre compréhension du döstädning, je vous recommande vivement de lire « The Gentle Art of Swedish Death Cleaning ». Au-delà des conseils pratiques, vous y découvrirez une femme remarquable, dont la sagesse et l’humour vous accompagneront bien après avoir refermé le livre.
Le döstädning n’est pas une méthode de rangement de plus. C’est une invitation à vivre pleinement, à choisir consciemment, et à partir en paix. Et pour cela, nous devons tous remercier Margareta Magnusson.


